Un pas dans le Nord

          Ces quelques jours à Dreux m’ont fait grand bien. Annaëlle et Patrick m’ont si bien accueillie ! Accepter l’aide de ceux qui nous entourent n’est pas toujours évident, tout du moins, ça ne l’est pas pour moi. Se détendre et trouver sa place sans être ni trop invasif, ni trop à l’aise, ni trop dépendant, n’est pas toujours chose aisée. Chaque foyer à son propre fonctionnement et c’est tout un jeu que de trouver sa place.

Des amis sur la route, sous le regard des nuages noirs (tout à gauche) et du ciel bleu qui continuent leur duel

          Je reprends la route, regorgée d’énergie et plus que prête à continuer mon périple ! Peu importe les intempéries, pourtant toujours aussi peu arrangeantes, je garde le sourire et l’envie. La traversée de Mantes-la-Jolie m’enchante guère. Moi qui souhaitais éviter Paris à tout prix, j’ai l’impression d’y être ! Les gens me dévisagent sans sourire, je les sens pressés, méfiants, peu enthousiastes. Et je me sens moi même, pour la toute première fois, pas tellement en sécurité dans cette ville. Alors pas question de s’attarder, je continue et m’éloigne bien vite de cette morosité débordante.


          Me voilà dans le Vexin français, une région bien moins plate que ce à quoi je m’attendais. Je monte et descends les collines, perdu en plein campagne. La pluie m’accompagne et pourtant, comble de tout ça, je ne trouve aucun point d’eau ! Chaque fontaine est coupée, probablement en prévision d’éventuelles gelées. Je fais quelques détours de plusieurs kilomètres chaque fois, en espérant trouver de quoi remplir mes gourdes et pouvoir bivouaquer tranquillement.

          Après bien 1h30 de recherche et pas mal de fatigue qui s’accumule, je rencontre deux femmes dans les rues d’un tout petit village, endormi comme tous les autres. Les élections municipales se préparent et elles vont à la rencontre de la population dans ce carde. Je leur demande si toutefois elles ne connaîtraient pas un point d’eau à proximité.           Alors qu’elle me conduit à son domicile, afin de remplir mon eau, Laurine s’inquiète de me savoir dehors par ce temps et m’offre de m’accueillir chez elle et son fils, Louis, pour la nuit !

          Un seul regard permet parfois d’instaurer une confiance solide, et j’accepte, un peu timide, cette générosité inattendue. Louis est un petit garçon plein de vie et très bavard, tout comme Laurine et moi finalement. Très vite on partage et discute plein d’entrain. Des amies invitées pour la soirée ne tardent pas à nous rejoindre, je me retrouve bien loin de ma solitude quotidienne au milieu de se salon explosif et rayonnant. Une soirée fille, et bien, ça faisait longtemps !

          Ce soir, je m’endors dans les doux oreillers d’un moelleux couchage….


Le dépaysement

          Aujourd’hui, c’est avec un tout nouvel intérêt que j’arpente les routes de France. LE DÉPAYSEMENT ! Enfin !
          Les maisons de petites briques rouges bordent les routes. Une alternance de bâtisses en colombage, parfois anciennes, quand d’autres fois elles contrastent par des rénovations utilisant des matériaux bien modernes. Une diversité en ces terres agricoles tant éloignée de nos architectures de l’ouest. Il n’y a plus de doute, me voilà dans une bien nouvelle région. Jusque là, j’avais toujours attribué cette couleur rouille aux maisons allemandes. Je comprends aussi que je viens de pénétrer sur des terres sous influences germaniques ou nordiques. Il me faudra encore bien des observations pour en comprendre davantage…

Sur la route de Beauvais


          Je me rapproche de Beauvais, où, selon les dires, il n’y aurait que peu d’intérêt. L’usine Spontex (fabriquant d’éponges) répandrait une odeur nauséabonde sur la ville, apparemment dû à l’utilisation de boyaux. Bref, on me dépeint une image plutôt négative de cette ville.
          J’aime accorder mon écoute à chaque personne croisant mon chemin mais je me réserve d’observer sans à priori afin de construire mon opinion propre. Et une fois n’est pas coutume, j’ai énormément apprécié cette ville, ne vous en déplaise.

          Après avoir recueillis quelques renseignements, l’usine n’utilise pas de boyaux mais en fabrique (des boyaux cellulosiques pour saucisses) et l’odeur n’est autre que celle du souffre rejeté par les opérations chimiques. L’image est déjà moins noire, vous ne trouvez pas ?
          Pénétrant dans la ville, je suis au premier abord fascinée par ces maisons de ville. Peintes dans de nombreuses nuances de couleurs, associés aux façades à colombage, je me demande donc où est ce gris que j’ai jusque là toujours associé au Nord ? La ville est si colorée ! J’ai certes changé de région, je ne suis qu’à quelques dizaines de kilomètres de Mantes-La-Jolie et quel changement ! Je me sens bien dans cette ville.

          Un cycliste, sans autre soucis que celui de m’enseigner quelques routes et informations dans sa ville, me mène en son sein, m’apprenant quelques précieuses informations sur ces lieux.
          Je découvre la cathédrale gothique, majestueuse, impressionnante. De hautes colonnes la bordent et l’encerclent, elle défit le ciel de façon terrifiante, maîtresse de sa place, elle domine simplement.


          Amiens m’inspire, stimule mon intérêt et m’invite à stopper mon élan, ne serait-ce que le temps d’en saisir les lignes. C’est décidé, j’organise une petite halte chez un warmshower, mon tout premier afin d’en découvrir plus encore.
          Qu’est-ce qu’un warmshower ? C’est une communauté virtuelle rassemblant des voyageurs à vélo partout dans le monde. Elle permet de nous mettre en relation, les uns accueillants les autres lorsqu’ils ne sont eux même pas en périple.

          J’ai donc rencontré Ariel, tout juste arrivé à Amiens il y a quelques mois, il ne connait pas encore tous ses secrets. On a beaucoup discuté et puis il m’a présenté la ville de nuit, bien vivante et tumultueuse. Ayant passé la plus grand partie de sa vie en Argentine, l’échange culturel était très intéressant, j’ai découvert sa musique, aussi pétillante que lui ! De très jolis moments.


          La journée, j’ai arpenté les rues de cette ville ou j’ai fait plus ample connaissance avec Jules Vernes. Marié à une amiénoise, c’est en ces lieux que sont nés ses chefs d’œuvres et son succès. De quoi attiser ma curiosité jamais rassasiée.


          Et puis, quelle belle ville ! Je suis impressionnée par ses voies d’eau, je ne la connaissais pas sous son nom de petite Venise mais j’en saisi tout son sens ! Les maisons, plus colorées encore que celles de Beauvais, en bordure de canaux, lui donne un charme sans pareil. Certaines sont terriblement marquées par le temps, un panaché d’architectures, signe de vie bien antérieure à la notre…

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Pascale dit :

    Toujours aussi agréable de te suivre, une belle bouffée d’oxygène dans la virologie ambiante…

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